La céramique de Horezu

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La poterie est une occupation ancienne, pratiquée depuis les temps préhistoriques, comme on peut le voir d’après les belles pièces de céramique datant de l’âge néolithique, quand une civilisation remarquable s’est formée et développée sur le territoire de la Roumanie actuelle.

Déclarer qu’à Horezu, dans le département de Vâlcea, est produit l’un des types les plus intéressants et raffinés de poterie populaire roumaine n’est plus un nouvel avis. C’est une vérité qui, heureusement, est devenue de plus en plus valable, non seulement pour les spécialistes et collectionneurs roumains et étrangers, mais aussi pour un public de plus en plus diversifié, à la fois géographiquement et intellectuellement.

Celui qui pense que la poterie de Horezu est faite facilement, à partir d’argile prise dans sa cour et modelée en utilisant la roue du potier, est loin de la vérité. Le chemin est, en fait, difficile et long.

Les potiers prennent l’argile dans des dépôts naturels, la ramènent à la maison et la pétrissent avec leurs mains, leurs pieds ou avec un gros marteau en bois, en la mélangeant avec de l’eau. La pâte ainsi obtenue est nettoyée de toute impureté, transformée en morceaux puis modelée avec la roue du potier. La roue représente l’instrument essentiel avec l’aide duquel la boule d’argile est transformée d’une façon miraculeuse et fascinante en une forme-objet, par le potier qui sait comment la rendre parfaite en seulement quelques gestes. La roue est formée de deux disques, un plus petit dans la partie inférieure et un plus grand dans la partie supérieure, unis au moyen d’un axe vertical. Sur le disque supérieur est placé le morceau d’argile, et le disque inférieur est mis en mouvement par le potier, qui lui imprime un mouvement circulaire assez rapide avec son pied. De cette façon, la roue tourne, obtenant des formes circulaires avec des contours réguliers.

Donner la forme finale à l’objet de l’argile nécessite une technique spéciale et une grande vitesse de travail, parce que la pâte ne doit pas devenir sèche (parfois, la forme est créée en seulement 40-50 secondes). Après être modelés, les objets en céramique sont laissés sécher pendant quelques jours à l’ombre.

Ensuite, en utilisant des méthodes spécifiques, le potier commence à changer l’apparence de l’objet, en utilisant plusieurs procédures d’embellissement: vernissage, éclaboussures, rayures ou incisions ; il le perce, le coupe en utilisant un modèle, le découpe, l’estampille ou le peint. La peinture de la céramique représente l’une des plus anciennes formes d’expression artistique, avec l’aide de laquelle de diverses civilisations communiquent entre eux.

Les couleurs de la poterie de Horezu sont pleines d’expressivité; elles créent des harmonies spéciales, par la forme, par la peinture, par les champs décoratifs, ou délimitent, par des nuances intermédiaires, les contours de démarcation ou les espaces entre le motif principal et les motifs secondaires. Le nombre de couleurs n’est pas grand, mais la conception de la décoration et l’art du potier de les combiner révèlent la qualité vive et naturelle de chaque couleur. Les déclarations des potiers sur l’obtention et la préparation des couleurs permettent l’observation selon laquelle leurs couleurs, tout comme celles utilisées dans les peintures préhistoriques, sont obtenues à partir d’argile colorée avec de l’oxyde de fer ou de magnésium. Certains types d’argile naturelle ou calcinée, dilué avec de l’eau, deviennent des engobes colorés en ocre, rouge ou brun.

La décoration de la poterie avec la corne est la partie exigeant la plus grande habileté dans l’utilisation des instruments de travail, un sens aigu des proportions dans le contour des modèles et de la sensibilité artistique afin d’obtenir un résultat final où la combinaison des formes et des couleurs doit être parfaite. Habituellement, cette activité représente une contribution artistique féminine, même si, à travers les âges, de nombreux hommes ont également créé de véritables merveilles de ce point de vue. Les cornes des bœufs, des instruments utilisés comme des récipients desquels les gouttes de couleur coulent sur les objets, sont perforés à une extrémité, où une plume d’oie est fixée, afin d’obtenir des contours plus fins, ainsi que pour diminuer l’écoulement de la couleur, qui doit créer des lignes et des points fins et uniformes. Le procédé de décoration est exécuté aussi facilement que son aspect final est impressionnant. Il consiste à déplacer la couleur fraîchement mise en place sur l’objet en céramique avec la corne, en changeant la direction du motif initial avec un instrument appelé « le geai ».

Après avoir été décorés, les objets en céramique sont laissés sécher pendant quelques jours, puis ils sont mis dans le four. Dans la zone de Horezu, les fours sont en brique, ayant la forme d’un tronc avec la grande base vers le bas. Pour la poterie de Horezu, dont la plupart est émaillée, deux brûlages sont nécessaires.

Les modèles sont délicats, et pourtant forts d’un point de vue symbolique, ayant la nature suivante:

  1. zoomorphe et avimorphe: le coq, la colombe, le poisson, le serpent. La chanson du coq annonce la victoire du soleil et de la lumière sur la nuit et l’obscurité. De la même catégorie font partie la colombe et le poisson, les deux symboles du christianisme.
  2. végétale: des raisins, des feuilles, la trèfle (la chance), des vignes, des petits sapins (l’immortalité) ou des boutons de rose, l’épi de blé (la prospérité).
  3. géométriques: les solutions artistiques adoptées par les artisans de la région de Horezu sont basées sur la répétition, l’alternance et la symétrie: des cercles, des spirales, des lignes concentriques. La principale caractéristique de l’ornementation géométrique spécifique à la zone de Horezu est l’amélioration des éléments simples (des points, des lignes), remarquant une forte préférence pour les lignes courbes. Les éléments géométriques utilisés comme motifs décoratifs sont: 1. des points avec des variantes originaires de la technique d’exécution (les gouttes et les virgules), 2. des lignes parallèles courtes, droites ou sinueuses, 3. des spirales, des zigzags (interrompus ou continus), 4. des demi-cercles, similaires à des petites arcades, parfois séparés, parfois connectés, soit adjacentes ou superposées. 6. des lignes sinueuses (le plus souvent dans la partie supérieure de l’objet de céramique)

4. autres: 1. l’élément traditionnel « Brâncovenesc », la spirale (symbolisant le tourbillon de la vie), 2. les ornements cosmographiques (l’étoile et le soleil), 3. les éléments inspirés de la nature: la queue de paon, l’araignée ou l’arbre de la vie.

L’emblème du centre de la céramique de Horezu est le coq, symbole de la renaissance et de l’immortalité de l’âme. Sur la poterie de Horezu, il est vu de côté, avec la tête haute et le bec ouvert (peut-être en chantant), avec sa queue ébouriffée, représentant la vigilance et la fierté.

Telle est, brièvement présentée, l’histoire fascinante de l’argile de Horezu, une histoire dans laquelle un humble morceau d’argile tourne quelques fois autour de soi-même, comme dans les contes de fées, et il se transforme en un prince charmant – un vaisseau vivant – qui connaît l’élixir de la jeunesse éternelle.